Lyon, bon élève de l’accès aux soins d’ophtalmologie en France ?

Si Lyon a autrefois abrité des combats de gladiateurs, les lyonnais d’aujourd’hui doivent eux aussi s’armer de patience pour relever le parcours du combattant de la consultation ophtalmologique.

Et pourtant, nous ne sommes pas les plus mal lotis en matière d’accès aux soins d’ophtalmologie et plus largement de santé. D’après une récente étude du portail Le Guide Santé, il ne faudrait patienter « que » 35 jours en moyenne pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo lyonnais.

C’est beaucoup trop pour certains, mais c’est comparativement un très bon score par rapport à la moyenne française. En 2021, il faut en effet compter en moyenne un peu plus de 2 mois (62 jours) pour obtenir un rendez-vous en cabinet d’ophtalmologie sur l’ensemble du territoire. Si Paris demeure la reine de la réactivité auprès des ophtalmologues qui fournissent en moyenne une date de consultation à 20 jours, Lyon fait aussi figure de -très- bon élève en étant la seconde grande ville de France où les délais de consultations sont les plus courts. Un excellent score face aux 135 jours d’attente à Nancy (plus de 4 mois) pour pouvoir consulter…

Cette vaste étude menée aux 4 coins de la France et auprès de quelques 5755 cabinets d’ophtalmologues met aussi en lumière un phénomène inquiétant sur notre accès aux soins et son évolution : à Lyon près d’un cabinet sur trois refuse en 2021 la prise en charge de nouveaux patients. Pour voir le verre à moitié plein : 2 cabinets sur trois acceptent encore de nouveaux patients à Lyon, mais cette situation devrait se dégrader ces prochaines années, selon un rapport de l’Académie Française d’Ophtalmologie (AFO) portant sur les projections d’installations des nouveaux diplômés à l’horizon 2030.

L’AFO met en avant la perspective d’une importante pénurie de médecins en ophtalmologie à venir du fait d’un numerus clausus trop restreint et d’une mauvaise gestion de la répartition des internes par spécialité et par région. La situation dans le Rhône-Alpes et plus particulièrement à Lyon ne devrait ainsi pas véritablement s’améliorer face à une démographie croissante de la métropole.

Cette pénurie relative d’ophtalmologues devrait perdurer même si le numerus clausus de la profession progresse d’année en année : il faut en effet compter 6 années d’internat, puis 3 ans de spécialisation en ophtalmologie pour se former à cette spécialité. Avec un âge moyen supérieur à 50 ans, les départs en retraite d’ophtalmologues aujourd’hui en activité seront nombreux ces prochaines années alors que la relève tarde à arriver.

Face à ce constat, deux principaux axes d’action peuvent prétendre à atténuer la pression de la demande en matière de soins ophtalmologiques et peut-être bien à améliorer l’accès aux soins à plus long terme.

La réorganisation structurelle des cabinets d’ophtalmologie

L’ouverture et la gestion quotidienne d’un cabinet d’ophtalmologie requièrent une telle charge extra-médicale que de nombreux professionnels se tournent vers une pratique en structure (Clinique, Hôpital). Afin de favoriser la création de cabinets de « proximité » et de rapprocher l’ophtalmologie des lieux de vie des patients, des franchiseurs d’un nouveau genre facilitent les démarches de lancement et de gestion au quotidien des cabinets permettant de : les rendre plus performants, limiter la charge administrative, et maximiser le nombre de patients pouvant être pris en charge par un même praticien.

Pour un ophtalmologue non établi en cabinet, la création d’une structure relève d’un projet particulièrement chronophage nécessitant entre autres d’importants investissements financiers de départ. Intégrer au travers de la franchise un groupement spécialisé de cabinets à l’instar du Groupe Point Vision peut dans de nombreux cas faciliter l’installation de nouveaux ophtalmologues. Ils bénéficieront d’un accompagnement général, d’un appui financier, administratif, ou encore marketing pour concrétiser leur projet en se consacrant à la pratique et en déléguant l’extra-médical au groupement.

Si les études de médecine ne préparent guère à monter un business plan adéquat, négocier des baux commerciaux, où encore à devenir un recruteur aguerri pour monter son équipe, les groupements de cabinets intègrent ces spécialités.

Le franchiseur pourra ainsi accompagner l’ophtalmologue à la tête de son futur cabinet à toutes les étapes clés : identification des zones d’installations les plus favorables, business plan bancaire, recherche de locaux & aménagement, recrutement de collaborateurs, choix des équipements, réalisation des statuts et démarches administratives, comptabilité et gestion des plannings de l’équipe…

Au-delà de ces considérations, le groupement illustre avant tout la promesse d’un important gain de temps médical pour le praticien qui bénéficiera de outils et processus organisationnels développés au sein du réseau qui s’appuie notamment sur l’intégration d’orthoptistes au sein des cabinets. Selon le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF), la présence de paramédicaux orthoptistes augmente de 30 % en moyenne l’activité au sein des cabinets.

Cette organisation couplée à des machineries de dernière génération, à la télémédecine ou encore à l’emploi d’intelligence artificielle dans l’aide aux diagnostics permet aux ophtalmologues de se consacrer à leur vrai cœur de métier en traitant un plus grand nombre de patients, sans devoir pour autant faire de quelconques compromis sur la qualité de leurs soins.

À Lyon, dans le deuxième, et dans le huitième, deux centres médicaux ophtalmologiques ont fait le choix d’intégrer un groupement pour s’implanter et faciliter la gestion de leurs centres. L’une des plus importantes franchises de France compte à ce jour une quarantaine de centres d’ophtalmologie et plus d’un million de patients qui bénéficient de services novateurs comme la prise de rendez-vous sur internet, l’accès aux PMR et aux outils de diagnostics de dernière génération.

La télémédecine appliquée à l’ophtalmologie

La téléconsultation en ophtalmologie se démocratise aux quatre coins de la France depuis la signature du premier protocole de télémédecine en 2018 permettant à des paramédicaux spécialisés de réaliser un certain nombre de bilans visuels qui sont ensuite télétransmis puis analysés par un ophtalmologiste.

Dans le milieu, ces nouveaux centres déportés qui permettent aussi un accès aux soins dans les déserts médicaux sont appelés des « postes avancés ». Ils sont directement rattachés à un cabinet d’ophtalmologie dans lequel exercent un ou plusieurs ophtalmologues diplômés d’État.

Ces consultations qui sont réalisées en présentiel, notamment par des orthoptistes, désengorgent les cabinets d’ophtalmologie et maximisent le temps de travail de l’ophtalmologue qui peut se consacrer à l’analyse des bilans et à la recherche de traitements. Deux activités, qui elles, ne peuvent être déléguées.

L’intelligence artificielle au service de l’ophtalmologie

L’ophtalmologie est aujourd’hui la spécialité de santé qui utilise le plus l’IA afin de détecter les pathologies oculaires grâce à un traitement automatisé de l’image. Pour certaines machines de diagnostics qui équipent aujourd’hui un grand nombre de cabinets, le taux de succès dans la recherche de pathologies frôle les 90 %. Mieux que l’analyse humaine.

L’avenir de l’ophtalmologie est certainement à trouver dans le « big-data » : en agrégeant des données d’imagerie médicale au niveau mondial, les nouvelles IA en cours de développement permettraient aussi de pouvoir déceler les pathologies de l’œil les plus rares.

Contrairement aux machines que l’on trouve dans la majorité des cabinets et qui se spécialisent dans le diagnostic des pathologies les plus courantes, l’IA permettra, dans un avenir proche, de détecter en quelques minutes ce que l’œil humain ne voit pas où ce qui nécessiterait de nombreuses consultations avant de pouvoir adresser un bilan.

En matière de diagnostic, l’ophtalmologie lorgne aussi sur les technologies dites « wearables » : des dispositifs portables et portés par les patients, au même titre qu’une montre ou que des lunettes connectées. En portant ces futurs dispositifs tout au long de la journée, l’ophtalmologiste 2.0 compilera de nombreuses données de santé utiles aux diagnostics ou à l’amélioration des traitements qui pourront par exemple s’adapter à l’évolution de la pression intraoculaire mesurée en temps réel chez le patient.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.