ZFE de Lyon : faut-il revendre son véhicule thermique ?

La métropole du Grand Lyon est rentrée depuis le 1er janvier 2020 dans la liste des ZFE ou Zone à Faible Émission conformément à la politique globale de réduction des gaz à effet de serre et des rejets de produits polluants. Cette adhésion entraîne notamment des mesures restrictives et contraignantes à l’encontre des propriétaires lyonnais de véhicules anciens ou polluants et à moyen terme concernera la majeure partie des automobilistes lyonnais qui roulent aux énergies fossiles. Ceux-ci verront entre autres leur voiture pénalisée, interdite d’accès à certaines rues ou même entièrement retirée de la circulation.

Les principales mesures à connaître

Pour mettre en place cette nouvelle politique des mesures ont été prises comme l’encouragement à l’achat de véhicules électriques et fonctionnant aux énergies renouvelables, l’appui aux entreprises dans la mise aux normes de leurs véhicules de fonction ou encore la mise en place de sanctions contre les véhicules excédant le taux réglementaire d’émission nocives.

On parle également de bonus écologique pour encourager les conducteurs à opter pour des voitures à faible consommation et dans une certaine mesure à vendre ou à échanger leur voiture contre des véhicules hybrides ou 100% électriques.

La reconversion est particulièrement au centre des débats pour garantir à long terme l’abandon des véhicules fonctionnant avec un moteur à combustion au profit des véhicules alimentés aux énergies “vertes”. Pour ce faire, une vignette doit être affichée sur le pare-brise des voitures ayant satisfait au taux minimum d’émission définis par les textes de la ZFE. Applicables aux véhicules professionnels, ces restrictions devraient prochainement s’étendre aux véhicules des particuliers sous l’impulsion des écologistes.

Le parti écologiste lyonnais réussit notamment un bon considérable vers le durcissement de la ZFE en faisant adopter l’interdiction des véhicules des particuliers disposant d’une vignette Crit’air 5, jugés les plus polluants, et cela dès 2022, bien en avance des mesures nationales concernant les ZFE.

Une nécessaire mutation de la filière de la voiture d’occasion qui s’électrifie et se professionnalise

 

Alors que les ventes neuves de véhicules PHEV (hybride rechargeable) et électriques connaissent une progression fulgurante, cela reste une goutte d’eau face au parc de véhicules thermiques de la métropole lyonnaise. Prochainement, les lyonnais devront disposer de véhicules « propres » s’ils veulent continuer à pouvoir circuler sans restriction dans leur agglomération ou dans une autre ZFE de France.

L’engouement attendu pour les véhicules propres pose de nouveaux problèmes logistiques à la filière de l’occasion qui devra tant bien que mal réussir à écouler les véhicules les plus polluants dont les lyonnais vont se séparer. Face aux prochaines restrictions de circulation des véhicules polluants au sein de l’agglomération, qui seront les futurs acquéreurs pour ces véhicules interdits à la circulation ?

Le marché de l’occasion devrait ainsi décoter plus que la normale les véhicules interdits aux seins des ZFE donnant un avantage de négociation aux acquéreurs des banlieues non soumises à la Zone de Faible Émission. De toute évidence nous assisterons à une délocalisation des ventes de véhicules thermiques des agglomérations vers les zones péri-urbaines ou les campagnes.

Il s’agira peut-être d’une nouvelle manne pour les professionnels du secteur qui seront plus sollicités par les automobilistes se convertissant à l’électrique et qui trouveront difficilement des acquéreurs locaux pour un véhicule interdit à la circulation.

Face aux prix élevés des véhicules « propres », de nombreux ménages qui auraient normalement effectué leur renouvellement de véhicule dans le neuf, devront eux-aussi se rabattre sur le marché de l’occasion.

Si l’offre de véhicules d’occasions et propres reste marginale face à l’univers du thermique, le nombre de véhicules PHEV ou 100% électriques connait une croissance exponentielle, notamment portée par le renouvellement des flottes professionnelles déjà passés à électriques, et des premiers particuliers pionniers qui renouvellent déjà leurs véhicules « propres ».

De nouvelles perspectives pour les professionnels de l’automobile ?

Ce sont tout particulièrement les professionnels de l’automobile qui sont encouragés à accompagner la transition vers la ZFE à Lyon. Ils bénéficient entre autres de soutiens pour la vente de pièces et de véhicules rejetant moins de déchets nocifs dans l’atmosphère ainsi que pour le rachat et le traitement des voitures d’occasions.

Ainsi de nombreuses entreprises spécialisées autrefois dans la revente de voitures d’occasions se tournent vers leur rachat à des fins de reconditionnement, de recyclage ou encore d’échange.

Il faut également noter que l’achat d’un véhicule électrique ou hybride constitue la principale option encouragée par la politique de la ZFE. C’est pourquoi les autorités et les professionnels de l’automobile lyonnais rivalisent d’ingéniosité pour convaincre les conducteurs d’entamer la transition vers les voitures moins polluantes, avec à la clé des primes pouvant aller de 300 à plus de 10 000 euros.

Mise en place de la ZFE à Lyon : la deuxième étape

Il faut noter que les décisions relatives à la deuxième étape de la ZFE à Lyon et à la politique globale d’interdiction de la vente des véhicules à moteur thermiques requiert encore des concertations avec les élus et maires locaux, les acteurs économiques et les usagers. Dans le cas particulier de lyon des mesures incitatives ont déjà été faites en ce sens comme l’allocation d’aide pour les achats de vélo et de véhicules électriques, la mise en place de tarif solidaires dans les TCL ou encore l’application de dérogations pour les usagers en situation précaire. Les débats entre les élus, durant le conseil national sur la première étape de la ZFE, se sont surtout tournés vers la possibilité d’arrêter la production de voitures à moteurs thermiques, le retrait des voitures Crit’air 2 des mesures d’interdictions de la ZFE et même sur la capacité des transports en commun à assurer les déplacements moins polluants pour toute la population. Sous l’impulsion du Président de la Métropole Bruno Bernard, les voitures présentant les vignettes Crit’air 4 et 5 n’ont ainsi plus le droit de circuler ou de stationner dans la ZFE de Lyon depuis le 1 janvier 2020 alors que ces mesures ne concernaient uniquement que des tranches horaires définies auparavant. Depuis le 1 janvier 2021 cette interdiction s’est aussi étendue aux véhicules arborant la vignette Crit’air 3. Des mesures supplémentaires ont également été annoncées par voie de presse dont l’augmentation des pistes cyclables et l’amélioration des dispositifs de co-voiturage.

Les principaux axes lyonnais concernés par la ZFE

 

La ZFE du Grand Lyon s’étend sur Caluire-Cuire, Lyon, Bron, Villeurbanne, Vénissieux et les zones périphériques au Boulevard Laurent Bonnevay. Ainsi les élus ont voté en conseil de la Métropole la décision de renforcer la ZFE, particulièrement au niveau des véhicules de particuliers. Il faut rappeler que les poids lourds et les voitures utilitaires étaient déjà touchés par les interdictions de rouler et de stationner dans la ZFE.

L’adoption de la vignette Crit’air et ses répercussions pour les conducteurs lyonnais

 

Pour certains conducteurs, l’adoption des vignettes Crit’air s’assimile à une mesure pour restreindre les véhicules usagés, dont le rejet de gaz polluants excède les taux prescrit par la ZFE. Hors, celles-ci visent dans un premier temps à promouvoir les véhicules et les technologies fonctionnant aux énergies renouvelables puis dans une autre mesure à entamer l’abandon progressif des énergies les plus polluantes dont le diésel figure en tête de liste.

Pour des véhicules ayant la même année d’immatriculation, celui fonctionnant au diesel n’aura pas la même catégorie Crit’air que celui utilisant de l’essence. Ainsi la décision de retirer les voitures de catégories Crit’air 5 de la circulation en 2022 touchera les véhicules diesel immatriculés il y a plus de 20 ans et les voitures essence immatriculées il y a plus de 23 ans. En considérant que l’interdiction des véhicules Crit’air 4, 3 et 2 soit mise en application, de nombreux véhicules de plus de 5 ans de circulation devront être reconditionnés pour l’exportation à destination de pays n’appliquant pas encore la ZFE.

Le marché des voitures diesel s’en ressent forcément au même titre que celui des grosses cylindrées ayant un indice de rejet de CO2/km bien plus important que celui citadines.

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