Lyon, hub automobile en France : quand les salons, la collection et le sport auto changent d’échelle
Lyon n’est plus seulement une grande ville “où il se passe quelque chose” en automobile. La métropole s’installe dans un rôle de carrefour, porté par une combinaison rare : un parc événementiel capable d’absorber des formats massifs, une culture automobile patrimoniale très structurée, un tissu économique orienté mobilité, et un territoire périphérique qui sert naturellement de terrain de jeu (routes, reliefs, rallyes).
Le symbole le plus lisible est la bascule opérée par le Salon Automobile de Lyon 2025, présenté comme prenant une “envergure européenne”, avec plus de 55 marques issues de onze nationalités.
Le Salon Automobile de Lyon : le volume et l’efficacité commerciale
Le Salon Automobile de Lyon a consolidé sa montée en puissance sur un indicateur simple, immédiatement parlant : la fréquentation. Les organisateurs annoncent 98 454 visiteurs sur cinq jours en 2025, soit une progression proche de 30 % par rapport à l’édition 2023.
Dans la même logique “utile”, le salon revendique un centre d’essais géant de plus de 400 véhicules, et assume un positionnement où la découverte et la décision d’achat coexistent. Autre marqueur de maturité : L’Argus rapporte près de 2 400 commandes (neuf et occasion) signées pendant l’événement, ce qui ancre Lyon dans une catégorie de salons qui pèsent concrètement sur le marché, au-delà de l’image.
Cette progression s’explique aussi par la capacité d’Eurexpo à jouer “grand format” sans perdre la dimension régionale. Le site est à Chassieu, au contact direct des grands axes, et il est présenté comme au cœur d’un réseau autoroutier européen, avec des temps d’accès courts depuis l’aéroport et le centre-ville. Dans les faits, ce socle logistique permet d’attirer un public extra-régional, et donc de faire mécaniquement monter l’ambition des exposants.
Cette montée en gamme attire davantage de visiteurs hors région, ce qui profite aux hôteliers : la clientèle internationale pèse 26 % dans l’hôtellerie lyonnaise. Mais aussi, elle profite à une multitude d’entreprises locales dont les loueurs, car relier Eurexpo, la ville et la périphérie devient un enjeu d’organisation (pour une location de voiture à Lyon, cliquez ici).
Époqu’Auto : la densité culturelle et l’économie de la passion
L’autre pilier, c’est Époqu’Auto : la preuve que Lyon ne se contente pas du neuf et du showroom. L’organisateur indique environ 109 000 visiteurs en 2024. Sur 2025, plusieurs sources convergent sur 108 000 visiteurs, avec une mise en scène impressionnante des volumes : 88 000 m² d’exposition, près de 1 500 véhicules, 200 motos, et environ 900 exposants. Le détail qui donne du relief économique est la vente aux enchères : + de 2.5 millions d’euros adjugés en 2025, record selon L’Argus. Ce n’est pas un simple “rassemblement nostalgie” : c’est une place de marché, un lieu de rencontres, un accélérateur de notoriété pour clubs, restaurateurs, marchands, et institutions patrimoniales.
Deux-roues et B2B : l’élargissement naturel de l’écosystème
La crédibilité automobile d’un territoire se mesure aussi à sa capacité à agréger des communautés voisines. Sur le deux-roues, Lyon aligne un autre chiffre massif : 161 000 visiteurs au Salon du 2 Roues 2025, avec un discours assumé de “second rendez-vous européen” du secteur. Même si l’objet est la moto, l’effet est automobile au sens large : équipementiers, mobilité urbaine, culture mécanique, marchés de l’occasion, accessoirisation, voyages, et, de plus en plus, électrification.
Côté entreprises, la chaîne est complétée par un rendez-vous B2B qui ancre Lyon dans les enjeux opérationnels de la mobilité : les Rencontres Flotauto. L’édition 2025 est donnée pour 120 exposants, 40 marques de véhicules et 10 conférences. La prochaine date affichée est le 8 octobre 2026, à La Sucrière, ce qui installe un second pôle événementiel, cette fois au cœur de la ville (Confluence) et au plus près des décideurs de flottes.
Autour de Lyon : le territoire comme “scène” automobile
Le dernier étage du système se joue hors des halls. Le sport auto et les rassemblements routiers donnent à la région lyonnaise une matérialité que les salons, seuls, ne peuvent pas produire. Le Rallye Rhône-Charbonnières est annoncé du 16 au 18 avril 2026 (78e édition), inscrit au calendrier fédéral, et fait exister l’automobile sur routes réelles, dans l’Ouest lyonnais. En montagne, la course de côte de Limonest–Mont Verdun illustre le même ancrage, avec 159 engagés évoqués pour l’édition 2025. Et sur le registre patrimonial “vivant”, la Traversée de Lyon réunit 350 participants sur une boucle entre campagne et centre-ville, au départ de La Tour-de-Salvagny.
Ce maillage crée une particularité lyonnaise : l’auto s’y vit en trois dimensions, sur un triangle simple à comprendre. Eurexpo pour l’offre et le volume, Confluence pour la mobilité professionnelle, et les routes périphériques pour la démonstration (rallye, côte, balades). Au total, Lyon gagne en “envergure” parce qu’elle ne mise pas sur un seul événement, mais sur un portefeuille cohérent : un salon généraliste qui franchit un cap de fréquentation, un salon de collection qui dépasse les 100 000 visiteurs et génère une économie propre, un mastodonte deux-roues, un rendez-vous flottes, et un arrière-pays immédiatement mobilisable pour les formats routiers. L’addition produit une place automobile complète : commerce, culture, industrie de services, et pratique.