Low-code et no-code : comment les entreprises lyonnaises font évoluer leurs systèmes d’information
À Lyon, la transformation numérique des entreprises ne se résume plus à l’adoption de nouveaux logiciels. Dans une métropole qui concentre près de 60 000 emplois dans la filière numérique, la question porte désormais sur la capacité des entreprises à faire communiquer leurs outils, exploiter leurs données et faire évoluer rapidement leurs processus.
ERP, CRM, logiciels métiers, outils de gestion documentaire ou plateformes de relation client composent des systèmes d’information devenus progressivement plus complexes. Dans ce contexte, la mise en oeuvre d’une plateforme low-code et no-code
prend une place croissante dans l’écosystème numérique lyonnais, aussi bien auprès des PME que des entreprises disposant d’un SI déjà fortement structuré.
À Lyon, des systèmes d’information devenus plus complexes
Le tissu économique de la Métropole de Lyon rassemble aussi bien des entreprises industrielles que des sociétés de services, des acteurs de la santé, du commerce, de la logistique ou encore de la finance. Cette diversité se retrouve directement dans leurs systèmes d’information.
Pour une PME lyonnaise, le SI peut aujourd’hui associer un ERP pour piloter l’activité, un CRM pour suivre les clients, plusieurs logiciels métiers ainsi que différentes solutions cloud. Dans l’industrie, d’autres briques viennent souvent s’ajouter pour gérer la production, les produits ou les données techniques.
Installé au Campus Région du numérique à Charbonnières-les-Bains, l’Espace Numérique Entreprises accompagne précisément les sociétés du territoire dans cette évolution. L’organisme insiste notamment sur la nécessité d’aligner le système d’information avec la stratégie de l’entreprise, plutôt que de multiplier indépendamment les outils numériques.
La Métropole de Lyon soutient elle aussi cette transformation avec des dispositifs destinés notamment aux PME et aux entreprises industrielles. L’enjeu local est donc très concret : moderniser les outils tout en évitant de transformer progressivement le système d’information en un empilement de logiciels difficile à administrer.
Le low-code pour faire évoluer plus rapidement les applications métiers
Le low-code apporte une réponse intermédiaire entre l’achat d’un logiciel standard et le développement traditionnel d’une application entièrement spécifique.
Grâce à des interfaces graphiques et à des composants préconçus, il devient possible de construire des workflows, des applications internes ou des processus automatisés avec une quantité limitée de code. L’objectif n’est pas de supprimer les développeurs, mais de raccourcir le délai entre l’expression d’un besoin métier et sa mise en production.
L’écosystème lyonnais compte plusieurs entreprises positionnées sur ce marché. Blueway, dont le siège se trouve avenue Leclerc dans le 7e arrondissement de Lyon, développe par exemple une plateforme low-code destinée à connecter les données, automatiser les processus et orchestrer les échanges entre différentes applications.
Cette approche illustre bien la place que peut prendre le low-code dans une entreprise disposant déjà d’un SI conséquent. Il ne s’agit pas nécessairement de remplacer les applications existantes, mais de créer plus facilement des passerelles entre les outils et les données de l’entreprise.
Le no-code pour automatiser des besoins plus simples
Le no-code pousse cette logique plus loin en permettant de construire certaines applications ou automatisations sans écrire directement de code.
À Lyon, cette approche se développe notamment autour d’outils comme Make, Airtable, n8n ou Zapier. Des agences, consultants et jeunes entreprises du numérique les utilisent pour automatiser des opérations qui étaient auparavant effectuées manuellement.
Une PME peut ainsi transmettre les données provenant d’un formulaire vers son CRM, déclencher une notification lorsqu’un dossier change de statut ou synchroniser des informations entre plusieurs logiciels.
L’environnement lyonnais se prête particulièrement à ces usages. Autour de lieux comme H7, installé quai Perrache dans le 2e arrondissement, les spécialistes de l’automatisation côtoient startups et entreprises technologiques. Le no-code devient ainsi une porte d’entrée vers l’automatisation pour des structures qui ne disposent pas nécessairement d’une importante équipe informatique.
Des acteurs lyonnais spécialisés dans l’intégration au système d’information
La présence d’acteurs spécialisés dans la métropole montre cependant que low-code et no-code ne peuvent pas être dissociés des problématiques classiques du système d’information.
Coexya, dont le siège est situé à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, intervient notamment sur les problématiques de CRM, de données et de transformation des SI. L’entreprise travaille également avec des technologies low-code permettant de développer des applications connectées aux environnements informatiques existants.
Dans le 3e arrondissement de Lyon, Tenolo évolue pour sa part autour de Microsoft Dynamics 365 et de Power Platform. Des solutions comme Power Apps ou Power Automate permettent de créer des applications métiers ou des automatisations tout en restant connectées aux autres outils Microsoft utilisés dans l’entreprise.
Ces implantations illustrent une évolution importante : le low-code lyonnais se développe moins comme un univers parallèle que comme une nouvelle couche du système d’information.